Billet : Luc Perrin

Quand l'histoire contemporaine locale éclaire la grande histoire de l'Église

L'ouvrage de Jean Divo, L'Aubier, la J.O.C. et la J.O.C.F. dans le diocèse de Besançon 1927-1978, Cerf-patrimoines, 2015 (368 pages) mérite attention. D'abord l'auteur est un « alumnus » de notre Faculté où il a été amené par la Licence en enseignement à distance et a poursuivi par un mémoire de maîtrise (publié) puis par la thèse de doctorat en Théologie catholique dont le livre constitue la publication. L'EàD, comme on dit en langue administrative, peut vous conduire sur une... longue distance.

Le second intérêt tient au choix de l'histoire locale – M. Divo est franc-comtois –, choix qui porte sur un vaste archidiocèse de l'Est de la France, une région marquée à l'époque contemporaine par une présence d'ouvriers et d'artisans en nombre important. L'histoire du Mouvement ouvrier français connaît bien la Franche Comté : Proudhon, les anarchistes de la fin du XIXe siècle, une tradition mutualiste et de coopératives (cf. les fruitières), les usines Peugeot à Sochaux... Le pôle « socialiste », dans ses divers courants, y est donc bien présent. Rien d'étonnant à ce que le catholicisme intégral se soit développé dans la région pour faire pièce, là comme ailleurs, à ce pôle antagoniste autant qu'au pôle libéral laïque. C'est une partie de ces efforts que décrit J. Divo à travers le mouvement masculin de la J.O.C. – Jeunesse Ouvrière Chrétienne qui s'est dénommée localement Catholique pendant les deux premières années – fondé en Belgique en 1924 et son pendant féminin la J.O.C.F. que la Comtoise Jeanne Aubert a fait naître.


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