Billet : Luc Perrin

Quand l'histoire contemporaine locale éclaire la grande histoire de l'Église

L'ouvrage de Jean Divo, L'Aubier, la J.O.C. et la J.O.C.F. dans le diocèse de Besançon 1927-1978, Cerf-patrimoines, 2015 (368 pages) mérite attention. D'abord l'auteur est un « alumnus » de notre Faculté où il a été amené par la Licence en enseignement à distance et a poursuivi par un mémoire de maîtrise (publié) puis par la thèse de doctorat en Théologie catholique dont le livre constitue la publication. L'EàD, comme on dit en langue administrative, peut vous conduire sur une... longue distance.

Billet : lsabel Iribarren

Les langues du Moyen Âge

Depuis quelques années, la question du rôle et du fonctionnement des langues vulgaires dans le discours savant médiéval bénéficie d’une attention toute particulière de la part des historiens de la philosophie médiévale, relevant la dimension politique du choix du vulgaire vis-à-vis du latin clérical. L’imposition du latin comme langue du savoir est un aspect avéré de la culture médiévale, mais il ne se fait pas sans la volonté politique des papes successifs.

Billet : R. Heyer

Le capitalisme est-il moral ?

C’est un lieu commun d’affirmer que l’Église catholique n’aurait guère été attentive à la mise en place du système capitaliste, au contraire, par exemple, des calvinistes. Un seul document magistériel serait à citer dans ce contexte : l’encyclique Vix pervenit du pape Benoît XIV aux évêques d’Italie, datée du 1er novembre 1745, qui répond à une question sur la légitimité du « prêt à intérêt ». Celui-ci est volontiers compris comme le ressort du système d’entreprise moderne, fondé sur l’engagement d’une masse d’argent dans le processus de production, pour un profit servant lui-même à l’accumulation du capital. La lettre de Benoît XIV encourage-t-elle ou non l’essor du capitalisme ? C’est la question qu’on pose en général à ce texte, selon une logique du permis-défendu. Mais s’agit-il vraiment ici de décrypter le fonctionnement d’un système économique ?

Droit canonique

Billet : M. Joubert

Droit canonique et réforme de l’Église

« Réforme » : le mot revient dès qu’est évoquée l’activité du pape François. Alors que l’année de la miséricorde bat son plein, que le C9 se réunit autour du pape pour travailler à une « décentralisation salutaire », que la Curie romaine attend le cadre définitif de sa nouvelle configuration et que l’écho des débats résonne encore dans la salle du synode, l’Église, semper reformanda, ne cesse de déposer ses oripeaux pour mieux revêtir ses habits de noces. Une lecture superficielle pourrait laisser entendre qu’il s’agit là d’une prise de distance avec la dimension juridique de la vie de l’Église. Au contraire, la volonté affichée d’ouvrir largement l’horizon de la mission de l’Église ne cesse de convoquer le droit canonique. Ce dernier apparaît en filigrane de chacune des questions soulevées et de chacun des chantiers engagés.

Herméneutique et exégèse biblique

Billet : E. Bons

Les textes bibliques ont-ils un seul sens ou plusieurs ?

Controversée depuis l’Antiquité, cette question a divisé les savants, juifs et chrétiens. Nous trouvons les traces d’un tel débat déjà dans les œuvres du philosophe juif Philon qui a vécu au tournant de l’ère. Commentant les passages du Pentateuque, Philon se montre perplexe devant certaines affirmations du texte biblique dont l’autorité était pour lui hors de doute. Par exemple, doit-on croire que Dieu peut descendre pour voir la ville et la tour de Babel, comme le dit Genèse 11,5 ? Dans un tel cas, Philon plaide pour une interprétation figurative. En fait, selon lui, ce serait une impiété (en grec : asébeia) que de présenter Dieu comme quelqu’un qui se meut comme un homme ou un animal (De confusione linguarum, § 134). [...]

Billet : Yannick COURTEL

Du neuf dans les rapports entre philosophie et christianisme ?

Un ouvrage collectif vient de paraître aux éditions Parole et Silence sous la direction de notre collègue Philippe Capelle-Dumont. Son titre, Philosophie et inspiration chrétienne, rappellera quelque chose à tous ceux qu’intéresse le débat des années trente du siècle dernier sur la possibilité d’une philosophie chrétienne, et « parlera », espérons-le, du moins à tous ceux que fâchent les essais aussi barbants qu’inutiles de confessionnalisation de la philosophie. Il n’échappera à personne, en effet, que le titre retenu creuse en son milieu l’appellation philosophie chrétienne et y insère le terme inspiration précédé par un et programmatique-problématique et non par un de anamnestique-assertorique. Donc, pas de rabougrissement philosophique en vue, mais, au contraire, un grandissement qui s’alimente aux multiples relations impliquées dans la conjonction et. Quelques extraits de l’introduction de l’ouvrage permettront d’en entrevoir la nouveauté. [...]

Billet

On peut avoir du talent,
on peut avoir l’agilité, la vitesse, la vision,
on peut avoir l’habileté, la force, la foi,
et on peut avoir du courage,
mais on n’est rien sans l’esprit d’équipe.

Billet

Le courrier de la faculté de théologie catholique a tout juste un an. « Il fait le pari de la rencontre » écrivait le Doyen en 2014. Rencontre avec les étudiants, les enseignants, les chercheurs. Rencontre avec les différentes disciplines de la théologie universitaire. Rencontre avec les différentes cultures, religions, traditions.

 Billet

L’encyclique Laudato si du pape François, tout le monde s’accorde à le dire, est un événement : pour la première fois un pontife romain aborde de manière systématique la question de l’écologie. Événement aussi, parce que nombre de chefs d’États et de leaders d’opinion ont salué dans ce texte un courage, une audace qui, pour le moment, semblent leur manquer.

Billet : Histoire du christianisme ancien & Théologie

L'étude du christianisme ancien a connu au cours de ces dernières décennies un nouvel essor fortement diversifié, qui s'est accompagné, par ailleurs, d’une attention renouvelée de la part des savants à la culture païenne tardo-antique qui lui était contemporaine. Cet essor s'est manifesté dans toute une série de travaux consacrés, par exemple, à la (re)découverte de textes peu connus des origines chrétiennes comme les apocryphes, ou à la mise au point des questions les plus importantes concernant le rapport entre le christianisme et ses racines juives ou le pouvoir impérial romain.